Indochine : le groupe OVNI de la scène française

Rock, new wave, pop… il est difficile de classer Indochine dans l’un ou l’autre de ces genres musicaux, et c’est peut-être cette différence qui a assuré le succès du groupe depuis plus de 40 ans.

Indochine se démarque dès ses débuts

En 1980, le chanteur Nicola Sirkis passe une audition pour le groupe Les Espions. C’est également le cas du bassiste Dominique Nicolas. Les deux jeunes hommes sont retenus pour intégrer la formation. Au fil des répétitions et des trajets communs en voiture, ils se lient d’amitié et travaillent ensemble sur quelques maquettes de Dominique Nicolas. Très vite, ils éprouvent le désir d’aller plus loin dans leur collaboration. C’est ainsi qu’ils vont quitter Les Espions en 1981 pour fonder Indochine, groupe qui tire son nom d’un roman de Marguerite Duras qui a beaucoup marqué Nicola Sirkis. Bientôt rejoints par le frère jumeau de Nicola, Stéphane Sirkis, à la guitare et Dimitri Bodianski au saxophone, ils forment un quatuor qui se démarque rapidement. Chose rare à l’époque, le groupe n’a pas de batteur et va plutôt explorer les synthétiseurs, qui ne vont pas tarder à révolutionner la musique des années 1980. C’est l’une des particularités d’Indochine, mais pas la seule : tant s’en faut.

Indochine, un groupe inclassable

En ce début des années 1980, la variété française est très présente sur les ondes, mais le rock est également bien représenté, notamment avec le groupe Téléphone qui fait un véritable carton chez les jeunes. Mais dès les premiers succès d’Indochine, qu’il s’agisse de « L’Aventurier » ou de « Miss Paramount », il est clair qu’Indochine ne peut pas être affilié à la scène rock. Difficile également de les considérer comme un groupe pop ou de new wave, même si cette image leur collait à la peau. Pour le dire simplement, il est quasiment impossible de classifier Indochine dans un genre ou un autre tant le groupe explore des univers multiples. À la fin des années 1980, alors que le groupe est à son apogée, Nicola Sirkis s’en amuse même lors d’une interview télévisée et déclare : « J’ai vraiment du mal à expliquer ce qu’on fait. Personne ne comprend les textes. Ce n’est pas très grave. » Il faut dire que les textes en question, empreints de romantisme et de poésie, sont également très particuliers et originaux.

Une singularité qui porte Indochine depuis 40 ans

Les années 1990 seront moins fastes pour Indochine. Les médias, peut-être perturbés par ce côté OVNI inclassable, se montrent sévères. En revanche, le public répond toujours présent lors des concerts, mais les ventes de disques se font moins importantes. Le groupe lui-même évolue. Dimitri Bodianski le quitte peu avant le début de la décennie tandis que Stéphane Sirkis décède en 1999 des suites d’une hépatite foudroyante. De nouveaux membres vont ainsi faire leur apparition et Indochine va peu à peu se réinventer tout en conservant un style bien particulier. En 2002, l’album « Paradize » est un immense succès et replace Indochine tout en haut de l’affiche. Depuis, avec une sonorité peut-être plus pop, Indochine continue de séduire le public. Et quoi de mieux qu’un OVNI pour un concert unique, c’est-à-dire le concert test réunissant 5 000 personnes le 29 mai 2021, pour étudier le retour des spectateurs en nombre dans les salles suite à la crise sanitaire.

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