DIRECT. Incendie de Bolloré Logistics : le maire de Rouen veut «améliorer la sécurité industrielle»

Un important incendie s’est déclaré, lundi 16 janvier 2023 en fin d’après-midi, sur le site de transports Bolloré Logistics (qui n’est pas classé Seveso) à Grand-Couronne, à environ 15 km au sud de Rouen (Seine-Maritime). Au lendemain du sinistre, voici les dernières informations.

Un nouveau départ de feu a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi.

110 pompiers étaient toujours mobilisés ce mardi matin. Cet après-midi, une centaine est encore sur place.

La cause de l’incendie est toujours inconnue.

Un rassemblement d’associations, de syndicats et d’élus a eu lieu devant la préfecture, à Rouen, en début d’après-midi. Une trentaine de personnes était présente. Ce rassemblement était prévu avant même la survenue de l’incendie.

Le maire de Rouen et président de la Métropole, Nicolas Mayer-Rossignol , s’est déplacé sur le site sinistré en début d’après-midi, accompagné de la maire de Grand-Couronne, Julie Lesage. Il est actuellement en campagne pour devenir premier secrétaire du PS.

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mardi 17 janvier 2023

Le procureur de la république du tribunal de Rouen, Frédéric Teillet, confirme ce mardi, qu’une enquête est ouverte pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Cette enquête est confié conjointement à DTPJ (Direction territoriale de la police judiciaire) de Rouen et à la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) de Seine-Maritime.
Elle sera dirigée par le pôle régional de l’environnement du parquet de Rouen. « Elle a vocation à établir les causes de cet incendie et le respect des normes propres à ce type d’établissement industriel par le propriétaire et l’exploitant », détaille le procureur.
A deux pas de l’entrepôt, dans la commune de Moulineaux, Lydie Sénécal est chez son coiffeur. Dehors, l’odeur est forte alors que s’échappent encore quelques fumées blanches du reste du feu complètement maitrisé par les pompiers. « Ça nous inquiète ces incendies, surtout qu’on sait qu’il y a quand même pas mal de produits entreposés près de chez nous ou de notre lieu de travail. Ce serait quand même bien qu’on sache exactement ce qu’il y a dans ces usines et ces entrepôts. Heureusement, le maire de Moulineaux est dynamique et réactif et dès hier soir il a conseillé de se confiner et si possible de ne pas mettre les enfants à l’école même si un accueil était prévu. »

Rencontrés dans la commune de Grand-Couronne cet après-midi, plusieurs habitants étaient aux premières loges de l’incendie de l’entrepôt de batteries. « J’habite sur les hauteurs, explique José Bernières. J’ai entendu des explosions et vu des flammes de chez moi. »
Aux premières loges également, Solange et Audrey habitent la cité Lohéac. « C’était impressionnant et très vite on a senti une odeur désagréable. Mais à part les médias et les réseaux, personne ne nous a informées. » Comme la plupart des habitants de ce secteur, ils regrettent le manque d’information sur les sites industriels.
Le site, 24 heures après le début de l’incendie. Une centaine de pompiers est encore sur place.
Sur cette photo, le matériel pour prendre des mesures de la qualité de l’air
Selon nos reporters sur place, l’odeur est particulièrement forte et désagréable.
Julie Lesage, maire de Grand-Couronne a passé la nuit sur le site de l’incendie et dirigé les opérations avant de passer le relais au préfet quand le nuage de fumée s’est déplacé sur d’autres communes de la métropole et de l’Eure. « J’ai rassuré la population et fait le tour des écoles, toutes ouvertes ce matin. Il n’y avait aucun dépôt, ni pollution sur les bâtiments et dans les cours. Si des familles ne veulent pas mettre leurs enfants à l’école on les comprends. Mais je fais confiance aux pompiers qui ont fait les analyses, y compris loin de l’incendie. Toutes ont été rassurantes »
Un spectromètre, pour une analyse plus fine de la qualité de l’air et la détection de molécules n’a rien révélé d’inquiétant.
Une centaine de pompiers est encore présente sur place, ce mardi après-midi
Nicolas Mayer demande à l’Etat : « Est-ce que ce sont les mêmes polluants que Lubrizol, oui ou non ?! Est-ce qu’il y a de la pollution dans l’air, oui ou non?! Est-ce qu’il y a de la pollution dans l’eau, oui ou non ?! Avec une quantité d’eau importante de 20 m3 par minute pour éteindre l’incendie ?! »
Les mesures de l’air se poursuivent toute la journée et les résultats seront rendus publics cette semaine.
Julie Lesage, la maire de Grand-Couronne et Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole, aux côtés du colonel Stéphane Gouezec directeur du Service départemental d’incendie et de secours de Seine-Maritime.
Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole :
On n’est pas dans les mêmes produits que Lubrizol qui étaient des hydrocarbures très volatiles. Le lithium l’est moins. Mais il faut être vigilant. Des mesures de l’air ont été faites et continuent de l’être. C’est à la prefecture de les communiquer. Nous demandons une transparence totale tout de suite. Les citoyens doivent avoir accès à ces informations.
Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol poursuit : 
« Il faut plus d’inspections et de contrôles des sites industriels. Après Lubrizol, il y avait eu des engagements pour renforcer les services de l’Etat et de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) pour suivre les différents sites. S’il y a eu des effectifs supplémentaires, ils ne sont pas suffisants. On aurait besoin de contrôles plus fréquents. Ici le dernier remonte à 2019. On doit pouvoir améliorer la sécurité industrielle. Il faut améliorer et mieux adapter la réglementations sur les technologies comme les batteries qui sont en plein développement. »

Après l’incendie de Bolloré Logistics, les élus écologistes du conseil municipal de Rouen posent des questions : « Nous constatons qu’une nouvelle fois, la transparence n’est pas de mise puisque si la préfecture a annoncé très rapidement « l’absence de concentration significative de substances dangereuses dans l’air », des questions majeures subsistent : Quelles substances ont été recherchées et avec quels instruments  ? Correspondent-elles bien aux molécules pouvant être produites dans le cas de la combustion de batteries au lithium et de pneus ? Des mesures ont-elles été effectuées ailleurs qu’à Grand-Couronne, notamment au sein des villes touchées par le panache de fumée ? Quels taux ont été mesurés ? Le nombre d’incidents industriels ayant touché notre Métropole ces dernières années est intolérable. Comment expliquer qu’au lendemain de la catastrophe de Lubrizol, l’Etat n’ait pas contrôlé l’ensemble des sites industriels de notre territoire pour en réévaluer les risques et s’assurer du respect des normes de sécurité et de protection de l’environnement ? La Métropole doit désormais durcir le ton face aux industriels. »

Une trentaine de personnes avait prévu de se rassembler devant la préfecture de Rouen  ce mardi en début d’après-midi, et cela, avant même l’incendie survenu hier. « On venait dire bon vent au préfet qui part en Occitanie mais on ne pensait pas qu’il y aurait un feu pour son départ », explique Sébastien Duval, un des deux présidents du collectif Lubrizol, créé après l’incendie de cette usine il y a trois ans.

Le maire de Rouen poursuit :
« Notre rôle d’élus locaux n’est pas de se substituer à l’État. Néanmoins, la population s’inquiète et se pose légitimement des questions sur la sécurité industrielle, qui sont aussi les nôtres. La Seine-Maritime est le département en France qui présente le plus d’enjeux de sécurité industrielle. Il doit y avoir plus de moyens. Ce n’est pas la première fois que ça arrive sur notre territoire. Même si ce n’est pas la même ampleur, les mêmes produits, les mêmes volumes. Il faut saluer le travail qui a été fait et qu’il n’y ait pas eu de victimes. »
Sur le fait de ne pas avoir activé le système FR-Alert, Nicolas Mayer-Rossignol ne remet pas en cause la décision du préfet. Il demande toutefois une meilleure information et plus de transparence.
La Métropole de Rouen a envoyé un SMS à ses 22 000 abonnés moins de deux heures après le début de l’incendie. « Je l’ai validé à 18h10. Difficile de l’envoyer plus tôt, il fallait vérifier la nature et l’ampleur du sinistre. »
Le président de la Métropole estime également qu’il faut plus de contrôles en amont des sites de production et de stockage de matières dangereuses.
« Des batteries au lithium, nous en aurons de plus en plus avec les voitures, les bus et vélos électriques. Il faut encore renforcer les contrôles même s’ils l’ont été depuis Lubrizol. »
Venu rencontrer les pompiers avec la maire de Grand-Couronne, Julie Lesage, Nicolas Mayer-Rossignol, président de la Métropole, estime qu’il « faut encore plus de moyens humains et matériels pour circonscrire un sinistre de cette ampleur dans un département très industriel ».
Ouest-France
L’association des victimes de Lubrizol organise un nouveau rassemblement, lundi 23 janvier, à 18 h, devant le palais de justice de Rouen. Les membres de l’association veulent que la justice se saisissent de cette affaire.
Les membres de l’association ne seront pas reçus par le préfet aujourd’hui. Ils doivent faire une demande officielle, pour éventuellement rencontrer le préfet, jeudi.
On y voit encore de la fumée. Les secours sont toujours sur place.
Des photos du site incendié, ce mardi à 14 h.

Un nouveau départ de feu dans la nuit

Vers 3 h 30, dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 janvier 2023, « un nouveau départ de feu a été observé », sur le site de Bolloré Logistics, précisait la préfecture de Seine-Maritime dans un point de situation, ce mardi à 8 h.

Après avoir touché un entrepôt contenant 12 000 batteries ou éléments de batterie au lithium puis un autre dans lequel se trouvaient environ 70 000 pneus, appartenant à Districash accessoires, l’incendie qui s’est déclaré lundi en fin d’après-midi a été circonscrit aux alentours de 23 h 30.

Aux environs de 6 h, ce nouveau départ de feu était lui aussi circonscrit. « Quelques foyers résiduels sont en voie d’extinction », précisait ce mardi matin le préfet, Pierre-André Durand, à nos confrères de France Bleu. Le préfet estimait que le feu devrait être complètement éteint en milieu de matinée.

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Un incendie s’est déclaré lundi 16 janvier 2023, en fin d’après-midi à Grand-Couronne, au sud de Rouen (Seine-Maritime), sur le site de Bolloré Logistics. Plus de cent pompiers ont été mobilisés sur l’intervention.

La cause toujours inconnue

Quant à la cause de l’incendie, « on ne sait toujours pas comment il a pu se déclencher », explique le préfet.

Si cet incendie rappelle l’épisode douloureux de l’usine Lubrizol, qui avait brûlé en 2019, à Rouen le site Bolloré Logistics est soumis à autorisation mais n’est pas classé Seveso. Ce mardi matin, le préfet de Seine-Maritime se veut rassurant : le nuage de fumée s’est propagé en très haute altitude, « ce qui est une bonne chose », il ajoute : « À ce stade, aucun risque particulier n’a été identifié. »

Des analyses complémentaires doivent être réalisées dans les prochaines heures. Les établissements scolaires du secteur ont pu ouvrir normalement, et toutes les activités ont lieu de façon habituelle.

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